RESTAURATION DE LA FORGE D’URDANIBIA (IRÚN) : CARACTÉRISATION DES MATÉRIAUX ET DES TRAITEMENTS

La forge d’Urdanibia, située à Irún, est l’un des témoignages les plus marquants du passé sidérurgique de la région de la Bidasoa. Mentionnée dans des documents depuis le XVe siècle et historiquement liée à la famille Urdanibia, elle faisait partie d’un ensemble productif composé du palais, du moulin et de la forge elle-même.

Pendant des siècles, ces installations ont exploité la force de l’eau pour actionner les machines utilisées pour la transformation et le forgeage du fer. L’ensemble permet de comprendre comment s’organisaient les activités économiques et sociales avant l’industrialisation, à une époque où la demeure seigneuriale, la production sidérurgique et l’exploitation agricole cohabitaient dans un même espace.

molino urdanibia 1

Aujourd’hui, la forge d’Urdanibia revêt une grande valeur historique, architecturale et industrielle. Sa restauration, dont la conception et la maîtrise d’œuvre ont été assurées par Arkitektura Bulegoa S.L.P., s’est appuyée sur une étude scientifique menée par TESELA afin d’identifier les matériaux de construction du bâtiment et d’évaluer différents traitements destinés à améliorer sa conservation. En effet, toute intervention sur un bâtiment historique nécessite de déterminer au préalable la nature, la composition et le comportement de ses matériaux. Ces informations permettent de choisir des solutions compatibles avec les éléments d’origine et de réduire le risque d’appliquer des produits susceptibles d’altérer leur aspect, leur perméabilité ou leur stabilité à long terme.

C’est pourquoi l’étude a été abordée dans une perspective globale, en combinant la caractérisation minéralogique et pétrographique des pierres et des mortiers avec des essais en laboratoire portant sur les mortiers de remplacement, les produits hydrofuges et les traitements contre la biodétérioration. L’étude a notamment porté sur la caractérisation de plusieurs mortiers de remplacement proposés pour l’intervention. Ces matériaux ont été analysés afin de comparer leur composition à celle des mortiers historiques et d’évaluer leur adéquation sur les plans minéralogique, pétrographique, hydrique, chromatique et microbiologique. Il a ainsi été possible d’identifier la nature de leurs composants et de vérifier la présence de phases, fournissant ainsi des critères techniques pour sélectionner des matériaux de restauration compatibles avec les originaux, tant du point de vue de leur composition que de leur comportement physique.

La combinaison de techniques d’analyse et d’essais comparatifs permet de concevoir des interventions de conservation du patrimoine industriel plus sûres, mieux fondées et plus respectueuses. Ainsi, la science des matériaux devient un outil essentiel pour conserver la forge d’Urdanibia et préserver les valeurs historiques, architecturales, culturelles et industrielles qui font partie intégrante de son identité.

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